GEORGE.
[1] Hermann Cohen, élève de Liszt.
[2] Une pièce anatomique avec des compartiments, légendes et numéros tracés à l'encre, d'après le système phrénologique de Gall et Spurzheim.
CXXXI
A M. ADOLPHE GUÉROULT, A PARIS
La Châtre, 9 novembre 1835.
Mon cher enfant,
J'ai à répondre à deux lettres de vous et je veux le faire avant de me mettre au travail; car j'ai un roman arrangé dans ma tête. Dussiez-vous dire que je fais mes embarras, vous n'entendrez pas plus parler de moi, d'ici à deux ou trois mois, que si j'étais morte.
J'ai écrit les premières pages hier, et je suis dans le coup de feu. Vous connaissez cela. Pour toutes choses, il y a un beau moment, c'est le commencement. C'est peut-être à cause de cela que je suis si républicaine, et vous si peu saint-simonien. Quoi qu'il en soit, allez votre train, si vous croyez que ce soit la bonne voie. Nous voulons tous le bien et nous allons au même but par des moyens différents. Nous nous disputons toujours, parce que chacun croit avoir plus d'esprit que son voisin, et se console d'aller fort mal, en voyant que les autres ne vont pas mieux: triste consolation, en vérité, qui fait beaucoup de mal à notre époque. Toute cette guerre à coups d'épingle que se fait l'amour-propre des uns et des autres n'avance à rien; tout au contraire. Si tout ce qui a de bonnes vues et de bons sentiments s'accueillait avec tolérance, on ferait le double d'ouvrage.
Vous ne pouvez nier, mon cher Marius à Minturnes, que je n'aie plus de bonne foi que vous. Vous abîmez nos républicains de la tête aux pieds, et moi, je ne cesse d'aimer vos saint-simoniens et de les placer au-dessus de tout.