La lettre que j'ai reçue avant-hier de Maurice est fort bien, si vous n'en avez pas corrigé les fautes. Son écriture, quand il veut s'appliquer un peu, promet d'être très lisible et très jolie. Il a dans son esprit d'enfant des idées très originales; par exemple, j'ai bien ri de sa pie, qui se tient dans le jardin et regarde passer le monde sur la route.

Pauvre enfant! quand donc sera-t-il assez grand pour ne dépendre que de lui! Alors je ne serai pas en peine de trouver une consolation et un dédommagement à tous les ennuis de ma vie.

Adieu, mon cher fils; restez-moi toujours fidèle, vous que j'estime le plus solide et le plus généreux de mes amis.

Je vous embrasse de tout mon coeur.

LXXX

A M. FRANÇOIS ROLLINAT, A CHATEAUROUX

Nohant, janvier 1832.

Mon cher Rollinat,

Je vous ai écrit avant-hier un mot et je vous demandais une réponse directe. Êtes-vous absent de Châteauroux, ou bien le courrier a-t-il perdu ma lettre? Il est sujet à cette infirmité. Il en est de même tous les étés. C'est au point qu'il en a semé toute la route depuis Nohant jusqu'à Châteauroux, et qu'il en pousserait si ce n'était de mauvais grain.

C'était pour vous demander l'adresse de Charles[1] à Paris. J'ai une commission pressée à lui donner. Répondez-moi, si vous êtes vivant, mais répondez-moi poste restante à la Châtre.