Nohant, 4 octobre 1861.

Mon ami,

On nous dit que votre santé, loin de s'améliorer, est devenue plus mauvaise, et que votre médecin juge le climat de la Hollande très pernicieux pour vous. Je dois vous dire, à l'insu de votre soeur, qu'à cause d'elle, si ce n'est à cause de vous-même, vous feriez bien, vous feriez votre vrai devoir, en rentrant en France. En vous laissant mourir, vous la tuez; en revenant auprès d'elle, vous pouvez guérir tous les deux.

Il n'est pas possible que vous prononciez la condamnation d'une soeur comme celle que Dieu vous a donnée. Laissez-moi vous dire que ce serait sacrifier le coeur à la tête, le devoir au fanatisme, et que vos vrais amis en seraient consternés. Revenez, la Providence vous en donnera la force dès que vous aurez écouté et reconnu sa voix; vous savez; ces voix d'en haut font des miracles!

A vous de toute mon âme.

GEORGE SAND.

CDXCVI

A MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS

Nohant, 10 octobre 1861.

Chère cousine,