—En ce cas, ne nous voyons plus, dit Thérèse.
—Pourquoi? qu'est-ce que cela vous fait, que j'aie eu quelques nuits sans sommeil, puisqu'il ne tient qu'à vous de me rendre aussi tranquille que je l'étais auparavant?
—Que faut-il faire pour cela?
—Ce que je vous demandais: me dire que vous êtes à quelqu'un. Je me le tiendrai pour dit, et, comme je suis très-fier, je serai guéri comme par la baguette d'une fée.
—Et si je vous dis que je ne suis à personne, parce que je ne veux plus aimer personne, cela ne suffira pas?
—Non, j'aurai la fatuité de croire que vous pouvez changer d'avis.
Thérèse ne put s'empêcher de rire de la bonne grâce avec laquelle Laurent s'exécutait.
—Eh bien, lui dit-elle, soyez guéri, et rendez-moi une amitié dont j'étais fière, au lieu d'un amour dont j'aurais à rougir. J'aime quelqu'un.
—Ce n'est pas assez, Thérèse: il faut me dire que vous lui appartenez!
—Autrement, vous croirez que ce quelqu'un c'est vous, n'est-ce pas? Eh bien, soit, j'ai un amant. Êtes-vous satisfait?