Jean Ziska était, selon eux, Jean Huss ressuscité, et Procope fut regardé comme le possesseur de l'âme de Ziska. Dans la Bible, on voit l'esprit des prophètes passer, en partie ou en totalité, dans celui de leurs continuateurs et de leurs adeptes.

Sous la figure de Jean Huss on lisait:

«Huss, ton vengeur gît ici. Sigismond lui-même a plié sous lui; et comme on voit en plusieurs lieux les bustes des héros, ainsi Czaslaw conservera éternellement la mémoire de Ziska.»

Ceci pourrait avoir été inscrit par quelques-uns de ces seigneurs catholiques avec lesquels, malgré leurs trahisons, Ziska avait cru devoir jusqu'au bout conserver des ménagements et une apparence d'amitié. Le misérable Rosemberg, qui l'aidait dans l'occasion à brûler les vieux Picards, était de ce nombre; et sans avoir ni foi politique, ni croyance religieuse, changeant suivant l'occasion, il fallait bien au moins qu'il rendit justice à la valeur célèbre de Ziska.

Plus loin encore une épitaphe bizarre, moitié païenne, moitié picarde:

«Ci-gît Ziska, vaillant en guerre, la gloire de sa patrie, l'honneur de Mars. Il a précipité dans le Styx, avec sa foudre vengeresse, les moines, cette peste criminelle.—Il reviendra encore pour punir les bonnets carrés.»

Derrière l'autel, il y avait une longue et large pierre avec ces mots:

«Cette pierre fut la table de Ziska lorsqu'il prenait le corps et le sang du Seigneur.» Ceci est du pur calixtin.

Enfin sous la massue: «Jean Ziska repose sous ce «marbre; il fut la terreur des tonsures de Rome. «Huss! il fut le vengeur de ta mort, en poursuivant «à outrance les ennemis du calice et en massacrant «les moines. Cette massue toute teinte de leur sang, «en sera un témoignage éternel.»

Ce distique sanguinaire est franchement taborite.