Le moyen est sublime! Promettez-leur le complet épuisement! Voilà tout ce que vous avez à leur offrir. Eh bien! c'est déjà fait. Vous avez tout pris, et cela ne vous a servi à rien. Il faut aviser au moyen de vider deux fois chaque bourse vide et de tuer une seconde fois chaque homme mort!
Viennent ensuite des ordres relatifs à la discipline.
«Les troupes devront être exercées tous les jours pendant de longues heures pour s'aguerrir.»
Il est temps d'y songer, à présent que celles qui savaient se battre sont prisonnières ou cernées, et que celles qui ne savent rien sont démoralisées par l'inaction et décimées par les maladies! Ferez-vous repousser les pieds gelés que la gangrène a fait tomber dans vos campements infects? Ressusciterez-vous les infirmes, les phthisiques, les mourants que vous avez fait partir et qui sont morts au bout de vingt-quatre heures? Rétablirez-vous la discipline dont vous vous êtes préoccupé tout récemment et que vous avez laissée périr comme une chose dont l'élément civil n'avait aucun besoin?
Mais voici le couronnement du mépris pour les droits de la nation: Après avoir décrété la guerre à outrance, le ministre de l'intérieur et de la guerre, l'homme qui n'a pas reculé devant cette double tâche, ajoute:
—Enfin, il n'est pas jusqu'aux élections qui ne puissent et ne doivent être mises à profit.
Et puis, tout de suite, vient l'ordre d'imposer la volonté gouvernementale, j'allais dire impériale, aux électeurs de la France.
—Ce qu'il faut à la France, c'est une assemblée qui veuille la guerre et soit décidée à tout.
«Le membre du gouvernement qui est attendu arrivera sans doute demain matin. Le ministre,—c'est de lui-même que parle M. Gambetta,—le ministre s'est fixé un délai qui expire demain à trois heures.»
C'est-à-dire que, si l'on tarde à lui céder, il passera outre et régnera seul. Le tout finit par un refrain de cantate: