LE CHŒUR.
Aye, aye, mon brave petit cheval noir, voici le guet. Adieu, les jolies filles. Aye, aye. Heurtons les coupes de la joie, que leurs flancs vermeils...
LE CHATELAIN (Récitatif).
Quel est ce pèlerin qui sort de la forêt suivi d'un maigre chien noir comme la nuit? Il s'avance vers nous d'un pas mal assuré. Il semble harassé de fatigue; qu'on remplisse une large coupe, et qu'il boive à sa patrie lointaine, à ses amis absents!
LE CHŒUR.
Pèlerin fatigué, heurte et vide avec nous la coupe de la joie. Bois à ta patrie lointaine, à tes amis absents!
LE VOYAGEUR (Air).
Patrie insensible, amis ingrats, je ne boirai point à vous. Soyez maudits, vous qui accueillez un frère comme un mendiant; soyez oubliés, vous qui ne reconnaissez point un ancien ami. Je veux briser cette coupe offerte au premier passant comme une aumône banale; je veux me laver les pieds dans le vin qui ne doit pas s'échauffer par le cœur. Mauvais vin, mauvais amis, mauvaise fortune, mauvais accueil.
LE CHŒUR.
Qui es-tu, toi, qui seul oses nous braver tous sous le toit de nos pères, toi qui te vantes d'être un des nôtres, qui renverses dans la poussière la coupe de la joie et le vin de l'hospitalité?