—Si fait! j'ai confiance en toi aujourd'hui; j'ai été à ta merci toute cette nuit, j'ai dormi tranquillement; je suis persuadé que tu ne veux me faire arrêter ni dedans ni dehors; parle!

—Eh bien! mossiou, dites-moi: êtes-vous seul ici?

—Comment? si je suis seul à Mondragone? Tu en doutes?

—Oui, mossiou.

—Eh bien, lui répondis-je, frappé de la même idée, si tu m'avais dit cela le premier jour de mon installation, j'aurais été de ton avis. Ce jour-là et la nuit suivante, j'ai pensé que nous étions deux ou plusieurs réfugiés dans ces ruines; mais voici le huitième jour que j'y passe, et, depuis ce temps, je suis bien certain d'être seul.

—Eh! eh! voilà déjà quelque chose. Quelqu'un de plus important et de plus dangereux que vous a passé par ici; on le sait, on croit qu'il y est encore, et, si on vous surveille, c'est par-dessus le marché, ou parce que l'on vous suppose affilié à cette personne ou à ces personnes… car vous dites que vous étiez peut-être plusieurs?

—Oh! cela, je le dis au hasard, et je peux fort bien te raconter ce qui m'est arrivé. J'ai cru entendre marcher dans le Pianto.

—Qu'est-ce que c'est que le Pianto?

—Le petit cloître…

—Je sais, je sais! Vous avez entendu?…