D'autres images plus confuses se pressèrent dans mon cerveau durant ce court sommeil. Je fus réveillé par la main de Felipone qui se posait sur mon épaule.
—Est-ce que vous dormez? me dit-il tout bas. Allons! vous voilà bien étonné? vous ne savez plus où vous êtes? Moi, je n'ai pas été aussi tranquille: j'ai eu une belle peur! J'ai cru un instant voir un homme tout debout, à deux pas de moi: mais c'était ce têteau que je n'avais pas encore remarqué; et puis quelque chose a passé là, dans les herbes; mais c'était quelque bête, car il n'en est rien résulté; et, à présent, je suis sûr que nous avons déjoué les espions, ou que l'ennemi ne nous avait pas aperçus. Il n'y a pas eu le moindre bruit dans les environs.
—Pourtant, lui dis-je, qu'est-ce que ces voix là-bas?
—C'est le cri des sentinelles autour de la villa Mondragone: Sentinelles, prenez garde à vous! Hein, dites donc, ces bons carabiniers qui croient vous garder encore! Mais il s'agit de rentrer dans la place sans qu'ils s'en doutent, et c'est plus difficile peut-être que d'en sortir. Nous ne sommes plus dans le chemin.
—Reprenons-le.
—Oh! que non! le poste de la croix de Tusculum est sans doute occupé, quoique je n'entende plus rien.
—Ce ne sont pas des carabiniers que nous avons vus là; j'en suis sûr.
—Et moi aussi, mais des limiers de police: c'est pire! Il ne s'agit plus, comme au départ du prince, de passer coûte que coûte, il s'agit de ne pas faire donner l'alarme et de rentrer sans qu'on puisse s'imaginer que nous sommes sortis.
—Eh bien, ne pouvons-nous gagner avec précaution la petite chapelle qui donne entrée au souterrain?
—C'est justement ce qu'il faut faire.