J'avais entendu confusément le commencement de cette conversation, et, voyant qu'il s'agissait de moi, je m'étais rapproché assez rapidement. Quand j'entendis le comte Hector parler tout haut d'une intrigue à propos d'Alezia, la mauvaise humeur où m'avait mis ce combat engagé sans moi se changea en colère, et je résolus de faire payer à quelqu'un de nos adversaires la fausseté de ma position. Je ne pouvais m'en prendre au comte Hector, déjà provoqué par Nasi; ce fut sur M. de Monteverbasco que tomba l'orage. Le digne gentillâtre, en apprenant mon nom, s'était contenté de dire d'un air étonné:
«Tiens!»
Je m'approchai de lui, et le regardant en face d'un air menaçant:
«Que voulez-vous dire, Monsieur?
—Moi, Monsieur, je n'ai rien dit.
—Pardonnez-moi, Monsieur, vous avez dit: C'est encore pire.
—Non, Monsieur, je ne l'ai pas dit.
—Si, Monsieur, vous l'avez dit.
—Si vous y tenez absolument, Monsieur, mettons que je l'ai dit.
—Ah! vous en convenez enfin. Eh bien! Monsieur, si vous ne me trouvez pas bon pour témoin, je saurai bien vous forcer à me trouver bon pour adversaire.