—C’est une bête égarée, dit-il, ou morte, car elle ne bouge.
Peut-être que quelqu’un la cherche; il faut voir!

—Ce n’est pas une bête, s’écria la petite Marie: c’est un enfant qui dort; c’est votre Petit-Pierre.

—Par exemple! dit Germain en descendant de cheval; voyez ce petit garnement qui dort là, si loin de la maison, et dans un fossé où quelque serpent pourrait bien le trouver!

Il prit dans ses bras l’enfant, qui lui sourit en ouvrant les yeux et jeta ses bras autour de son cou en lui disant: Mon petit père, tu vas m’emmener avec toi!

—Ah oui! toujours la même chanson! Que faisiez-vous là, mauvais Pierre?

—J’attendais mon petit père à passer, dit l’enfant; je regardais sur le chemin, et à force de regarder, je me suis endormi.

—Et si j’étais passé sans te voir, tu serais resté toute la nuit dehors, et le loup t’aurait mangé!

—Oh! je savais bien que tu me verrais! répondit Petit-Pierre avec confiance.

—Eh bien, à présent, mon Pierre, embrasse-moi, dis moi adieu, et retourne vite à la maison, si tu ne veux pas qu’on soupe sans toi.

—Tu ne veux donc pas m’emmener? s’écria le petit en commençant à frotter ses yeux pour montrer qu’il avait dessein de pleurer.