—Je ne l'ai plus, monsieur Bricolin! le portefeuille a brûlé.
—Vous avez laissé brûler mon portefeuille? le portefeuille que je vous avais confié? s'écria Bricolin exaspéré et en se frappant le front avec ses poings. Comment avez-vous été assez folle, assez bête, pour ne pas sauver le portefeuille, puisque vous avez bien eu le temps de sauver votre fils?
—J'ai sauvé Rose aussi, monsieur Bricolin. C'est moi qui l'ai portée dans mes bras hors de la maison. Pendant ce temps, le portefeuille a brûlé; je ne le regrette pas.
—Ce n'est pas vrai, vous l'avez!
—Je vous jure devant Dieu que non. Le meuble où il était, tous les meubles de cette chambre ont brûlé pendant qu'on sauvait les personnes. Vous le savez bien, je vous l'ai dit, car vous m'avez interrogée là-dessus; mais vous ne m'avez pas entendue, ou vous ne vous souvenez pas.
—Ah! si, je m'en souviens, dit le fermier consterné, mais j'ai cru que vous me trompiez.
—Et pourquoi vous tromperais-je? Cet argent n'était-il pas à moi?
—A vous? Vous ne niez donc pas que je vous ai acheté hier soir votre terre, que je vous l'ai payée et qu'elle m'appartient?
—Comment la pensée vous vient-elle que je sois capable de le nier?
—Ah! pardon, pardon, Madame! je n'ai pas ma tête! dit le fermier abattu et calmé.