—Je le vois bien, dit Marcelle d'un ton de mépris auquel il ne prit pas sarde.

—C'est égal, la réparation des bâtiments et le cheptel sont à votre charge, reprit-il après un silence pendant lequel ses idées se confondirent de nouveau.

—De deux choses l'une, monsieur Bricolin, dit Marcelle en levant les épaules: ou vous n'avez pas acheté le domaine, et il m'appartient de réparer le mal, ou je vous l'ai vendu et je n'ai pas à m'en occuper; choisissez!

—C'est vrai! dit encore Bricolin tombant dans une nouvelle stupeur. Puis il reprit bien vite: Oh! je vous l'ai bel et bien acheté, payé, vous ne pouvez pas nier ça! J'ai votre acte qui porte quittance, je ne l'ai pas laissé brûler, moi! Ma femme l'a dans sa poche.

—En ce cas, vous êtes tranquille, et moi aussi, car j'ai aussi le double de notre acte dans ma poche.

—Mais vous devez supporter le dommage! s'écria Bricolin avec une sombre fureur. Je ne vous ai pas acheté une terre sans bâtiment et sans cheptel. Il y a là une perte de cinquante mille francs, au moins!

—Je n'en sais rien, mais le désastre a eu lieu après la vente.

—C'est vous qui avez mis le feu!

—C'est très-probable! dit Marcelle avec un froid mépris, et j'y ai jeté le prix de ma terre pour m'amuser!

—Pardon, pardon, je suis malade! dit le fermier; perdre tant d'argent dans une nuit!... Mais c'est égal, madame Marcelle, vous me devez une indemnité pour mon malheur. J'ai toujours eu du malheur avec votre famille. Mon père, pour un dépôt que lui avait fait votre grand-père, a été mis à la torture par les chauffeurs, et a perdu cinquante mille francs qui étaient à lui.