—Voire bail a peut-être été conclu en raison des avances que vous aviez faites à M. de Blanchemont? dit Marcelle en souriant.

—Comme de juste! répondit Bricolin avec aplomb, et mon bail est de vingt ans; il y en a un d'écoulé, reste dix-neuf. Vous le savez bien, vous l'avez signé. Après cela, vous ne l'avez peut-être pas lu... Dame! c'est votre faute.

—Aussi, je ne m'en prends à personne. Donc, je ne puis pas vendre en bloc, mais en détail?

—En détail, vous vendrez bien, vous vendrez cher, mais on ne vous paiera pas.

—Pourquoi cela?

—Parce que vous serez forcée de vendre à beaucoup de gens dont la plupart ne seront pas solvables, à des paysans qui, les meilleurs, s'acquitteront sou par sou à la longue, et, les plus gueux, qui se laisseront tenter par l'amour de posséder un peu de terre, comme ils font tous au jour d'aujourd'hui, et qu'il vous faudra exproprier au bout de dix ans, sans avoir touché de revenu. Cela vous ennuiera de les tourmenter?

—Et je ne m'y résoudrai jamais. Ainsi, monsieur Bricolin, selon vous, je ne puis ni vendre ni conserver?

—Si vous voulez être raisonnable, ne pas vendre cher et palper du comptant, vous pouvez vendre à quelqu'un que je connais.

—A qui donc?

—A moi.