«Est-ce que je vous serai nuisible si je vous accompagne? demanda-t-il au moine.

—Tout au contraire! dit le moine, tu peux nous être fort utile au besoin. Viens!»

Agathe remercia Magnani par un des regards de l'amour maternel qui sont plus éloquents que toutes les paroles.

Le marquis eût voulu se joindre à eux, mais Michel s'y opposa.

Ils aperçurent ceux qu'ils cherchaient ([Page 142.])

«Nous rêvons des dangers chimériques, dit-il en riant, mais s'il y en avait pour moi, il y en aurait pour ma mère; votre place est auprès d'elle, mon ami. Je vous confie ce que j'ai de plus cher au monde!... Ne voilà-t-il pas des adieux bien solennels pour une promenade au clair de la lune jusqu'à Bel-Passo?»

L

MARCHE NOCTURNE.

Quand ils furent à cent pas du parc, Michel, qui voulait bien exposer son existence, mais non pas celle du fiancé de Mila dans une affaire à laquelle celui-ci était étranger et n'avait aucun devoir de conscience et de famille à remplir, pria le jeune artisan de s'en retourner à Catane. Ce n'était pas l'opinion de Fra-Angelo. Fanatique dans ses amitiés comme dans son patriotisme, il trouvait en Magnani un secours providentiel. C'était un robuste et brave champion de plus, et leur troupe était si restreinte! Magnani valait trois hommes à lui seul; le ciel l'avait envoyé à leur aide, il fallait profiter de son grand cœur et de son dévouement à la bonne cause.