—Mon père sait donc tout cela?
—Certainement, je lui ai bien vite tout raconté.
—Et il n'a été ni surpris ni inquiet de ce caprice de la princesse?
—Et pourquoi surpris? C'est ta surprise qui est singulière et un peu impertinente, Michel. Est-ce que je ne peux pas inspirer de l'amitié, même à une princesse? Et pourquoi inquiet? Est-ce que l'amitié n'est pas une bonne et douce chose?
—Mon enfant, je suis cependant, sinon inquiet, du moins étonné de cette amitié-là, moi. Dis-moi quelque chose qui me l'explique, au moins? Notre père a donc rendu quelque grand service à la princesse Agathe?
—Il a fait beaucoup de belles peintures de décor dans le palais. Il a fait des feuillages superbes dans la salle à manger, entre autres.
—J'ai vu tout cela; mais il est bien payé. La princesse l'a pris en amitié pour son activité et son désintéressement, n'est-ce pas?
—Oui, cela doit être. Tous ceux qui voient mon père pendant quelque temps, ne l'aiment-ils pas?
—C'est juste. Allons, c'est à cause de notre digne père que tu inspires tant d'intérêt à cette grande dame!
—Oh! ce n'est pas une grande dame, va, Michel! c'est une bonne femme, une excellente personne.