—Tu n'aimes pas les moines, Mila? Tu n'es qu'à demi Sicilienne.
—C'est selon. J'aime mon oncle et ceux qui lui ressemblent.
—A propos! reprit Michel, ramené par le mot bijou perdu à l'aventure dont les capucins l'avaient distrait; tu étais entrée dans la salle du bal avant le moment où je t'ai rencontrée dans le jardin?
—Non, répondit-elle; si tu ne m'y avais fait entrer pour assister à la quête, je n'y aurais pas songé. Pourquoi me demandes-tu cela? J'avais vu la salle terminée avant la fête. Que m'importe une salle vide où l'on ne danse pas? C'est le bal, et la danse, et les toilettes, que j'aurais voulu voir! Mais tu n'as pas voulu m'emmener seulement à la porte, cette nuit!
—Pourquoi ne pas me dire la vérité, lorsque le fait n'a aucune importance? Il n'y a rien d'étonnant, chère petite sœur, à ce que tu sois venue tout à l'heure me réveiller dans la grotte de la Naïade.
—Mon père dit que tu dors debout, Michel, et je vois bien qu'il dit vrai. Je te fais serment que, depuis hier matin, lorsque je t'ai apporté les feuillages que tu m'avais demandé de cueillir, je ne suis pas entrée dans la grotte.
Le lendemain matin, on trouva Ercolano assassiné... ([Page 42.])
—Ah! Mila, c'est trop fort. Tu n'étais pas menteuse autrefois, et je suis fâché de te voir ce vilain défaut maintenant.
—Taisez-vous, frère, vous m'offensez, dit Mila en retirant son bras avec fierté. Je n'ai jamais menti, et je ne commencerai pas aujourd'hui pour vous faire plaisir.