A son apparition, la jeune fille fit un grand cri et s'enfuit au fond de sa chambre en cachant son visage.
«Mila, chère petite voisine, s'écria le bon Magnani en restant respectueusement près de la porte, pardonnez-moi, n'ayez aucune peur de moi. Je me suis trompé, j'ai entendu pleurer à fendre le cœur, j'ai cru que c'était votre frère... Je n'ai pas réfléchi, je suis entré plein d'inquiétude... mais, mon Dieu, pourquoi pleurez-vous ainsi, chère enfant?
—Je ne pleure pas, répondit Mila en essuyant ses yeux à la dérobée et un feignant de chercher quelque chose dans un vieux meuble accolé à la muraille; vous vous êtes tout à fait trompé. Je vous remercie, monsieur Magnani; mais, laissez-moi, vous ne devez pas entrer ainsi dans ma chambre.
—Oui, oui, je le sais, je m'en vais, Mila; mais pourtant, je n'ose pas vous laisser ainsi, vous êtes trop affectée, je le vois bien. Je crains que vous ne soyez malade. Permettez-moi d'aller réveiller votre père pour qu'il vienne vous consoler.
—Non, non! gardez-vous en bien! Je ne veux pas qu'on l'éveille!
—Mais, ma chère...
—Non, vous dis-je, Magnani; vous me feriez beaucoup plus de mal si vous causiez ce chagrin à mon père.
—Mais qu'y a-t-il donc, Mila? Votre père ne vous a pas grondée? Vous ne méritez jamais de reproches, vous! Et lui, il est si bon, si doux, il vous aime tant!
—Oh! bien certainement, il ne m'a jamais dit un mot nui ne fût pas une parole d'amour et de bonté. Vous voyez bien que vous rêvez, Magnani; je n'ai pas de chagrin, je ne pleure pas.
—Eh! je vois d'ici que vous avez la figure enflée et les yeux rouges, ma chère petite. Quel chagrin si profond peut-on donc avoir à votre âge, belle, et chérie de tous, comme vous l'êtes?