—Pourquoi à Paris? dit la princesse; nous avons d'excellents horlogers à Venise.»

Elle n'avait pas changé de visage, et la Gina semblait être redevenue impénétrable. Saint-Julien insista obstinément.

«Si la signora Gina veut bien le permettre, c'est moi qui me chargerai de la réparation, puisque c'est moi qui ai causé le dommage.

—Arrangez-vous ensemble, dit la princesse, cela ne me regarde plus. La montre appartient à Gina.

—Et je l'enverrai, continua Saint-Julien, à un de mes amis qui habite Paris, et qui s'appelle Charles de Dortan.»

Gina se troubla visiblement. La princesse n'y prit pas garde, et répéta le nom de Charles de Dortan.

«Je crois qu'en effet son nom est sur cette montre, dit-elle en s'adressant à Ginetta. N'est-ce pas l'ouvrier à qui tu l'as confiée à Paris, après l'avoir jetée par terre comme Julien vient de faire?

—Oui, Madame, répondit Ginetta remise de son trouble, c'est un horloger qu'on m'a désigné comme très-habile, et qui, selon l'usage, a gravé son nom sur la boîte.»

Julien, frappé de tant d'assurance, et ne sachant plus que penser, tenta un dernier effort.

«Le hasard, dit-il, me l'a fait rencontrer à Avignon précisément le jour...»