—Pardon; l’étude de l’anatomie et la connaissance du corps humain avec ses altérations et ses infirmités, c’est là une science positive.

—Oui, dit Lélia, que vous cultivez comme un art d’agrément.—Mes amis, dit-elle en tournant le dos au docteur, allez me chercher un prêtre, je vois que le médecin m’abandonne.»

Trenmor courut chercher le prêtre. Sténio voulut jeter le médecin par-dessus le balcon.

«Laisse-le tranquille, lui dit Lélia; il m’amuse. Donne-lui un livre et mène-le dans mon cabinet devant une glace, afin qu’il s’occupe. Quand je sentirai le courage m’abandonner, je le ferai appeler afin qu’il me donne des conseils de stoïcisme et que je meure en riant de l’homme et de sa science.»

Le prêtre arriva. C’était le grand et beau prêtre irlandais de la chapelle de Sainte-Laure. Il s’approcha, austère et lent. Son visage inspirait un respect religieux; son regard calme et profond, qui semblait réfléchir le ciel, eût suffi pour donner la foi. Lélia, brisée par la souffrance, avait caché son visage sous son bras contracté, enlacé de ses cheveux noirs.

«Ma sœur!» dit le prêtre d’une voix pleine et fervente.

Lélia laissa retomber son bras, et retourna lentement son visage vers l’homme de Dieu.

«Encore cette femme!» s’écria-t-il en reculant avec terreur.

Alors sa physionomie fut bouleversée, ses yeux restèrent fixes et pleins d’épouvante, son teint devint livide, et Sténio se souvint du jour où il l’avait vu pâlir et trembler en rencontrant le regard sceptique de Lélia au dessus de la foule prosternée.

«C’est toi, Magnus! lui dit-elle. Me reconnais-tu?