Un grand cavalier espagnol mit de force le bras de Lélia sous le sien.

«C’est moi que la bonne Zinzolina a choisi entre tous, dit-il; elle est comme moi de noble race andalouse, et rien au monde ne la déciderait à mécontenter un compatriote.

—Zinzolina est de tous les pays, dit un Allemand; elle me l’a dit dans son boudoir à Vienne.

—Tedesco! s’écria un Sicilien, si Zinzolina nous faisait l’affront de te préférer à nous, voici un poignard qui nous vengerait d’elle.

—Allons, allons, tirons au sort, cria un jeune page; Zinzolina mêlera nos noms dans ma toque.

—Mon nom, repartit l’hidalgo, est gravé sur la lame de mon épée.»

Et il la tira du fourreau d’un air menaçant.

Les gens du prince intervinrent, et Lélia s’enfuit. Mais elle ne fut pas longtemps seule. Un prince russe lui dit au détour d’une allée:

«Zinzolina, que cherches-tu ici? Et pourquoi est-tu seule? Veux-tu m’aimer toute une heure? Je te donnerai cette chaîne de diamants, qui est un présent des czars.»

Lélia fit un geste de mépris. Un grand seigneur français s’en aperçut.