Le marquis l'interrompit, ne voulant pas que l'accusation fût formulée devant l'enfant.
—Y a-t-il longtemps, mon garçon, lui dit-il, que ta mère a ce poignard?
L'enfant avait vécu quelque temps avec les bohémiens, il savait donc ce que c'était que le vol. Il était doué, d'ailleurs, d'une finesse extraordinaire. Il comprit le soupçon qu'il avait attiré sur sa mère adoptive, et il aima mieux lui désobéir que ne pas la justifier.
—Oui, répondit-il, il y a bien longtemps.
Et, comme il avait un grand air d'assurance et de fierté, le marquis et Adamas sentirent qu'ils tenaient le moyen de le faire parler.
—C'est donc M. de Villareal qui le lui avait donné? dit Adamas.
—Oh! non! il l'avait laissé...
—Où? demanda le marquis. Voyons, il faut le dire, ou je n'aurai plus de confiance en vous, petit. Où l'avait-il laissé?
—Dans le cœur de mon père! répondit Mario, dont la figure s'anima extraordinairement.
Il avait besoin d'effusion; ce mystère lui posait, il avait dit le premier mot, il ne pouvait plus se taire.