»Et, tout d'un coup, comme l'Espagnol avait l'air méchant et voulait me frapper, Mercédès m'a dit:

»—C'est lui! tiens! c'est lui! et l'autre, le vieux valet, c'est lui aussi!

»Et elle a couru après eux pour les voir, jusqu'à ce que M. Guillaume nous ait dit que ça l'ennuyait.

»Alors Mercédès lui a fait demander son nom et celui de son ami, afin, disait-elle, de prier pour eux. Mais M. Guillaume s'est moqué de nous, et les bohémiens ont repris leur route d'un autre côté.

»Alors ma Mercédès les a laissés marcher et m'a dit:

»—Nous tenons les assassins de ton père, je t'en réponds. Il nous faut savoir leurs noms.

»Alors nous sommes revenus sur nos pas, nous avons été mendier au château de la Motte, et, comme on ne faisait pas grande attention à nous, Mercédès m'a dit d'écouter ce que disaient les domestiques et les paysans; et comme cela nous avons su que l'Espagnol allait demeurer chez le marquis, parce que le marquis avait envoyé chercher son carrosse, et commandé que l'on apprêtât chez lui la chambre d'honneur pour un étranger.

»Et puis nous avons causé avec une bergère, dans un champ qui est par là.

»Elle nous a dit:

»—Le marquis est tout à fait bon. Vous pouvez aller chez lui passer la nuit; il vous fera du bien. Voilà son château là-bas.