Cette fois le marquis s'inquiéta peu de sa perruque, et il embrassa son fils adoptif avec une effusion qui changea en joie, autour de lui, les douloureux souvenirs évoqués par la lettre.

Cependant Mercédès, que les soupçons de Lucilio avaient navrée, tenait maintenant à faire constater la vérité dans tous ses détails.

—Donne-leur la bague, dit-elle à Mario; peut-être ils sauront l'ouvrir, et tu connaîtras le nom de ta mère.

Le marquis prit ce gros anneau d'or et le retourna dans tous les sens; mais lui, l'homme aux inventions et aux secrets, il ne put jamais trouver le moyen de l'ouvrir.

Ni Jovelin ni Adamas un furent plus habiles, et l'on dut y renoncer provisoirement.

—Bah! dit le marquis à Mario, ne nous inquiétons point. Tu es le fils de mon frère, voilà ce dont je ne puis douter. D'après sa lettre, tu appartiens à une plus grande famille que la nôtre; mais nous n'avons pas besoin de connaître tes aïeux espagnols pour te chérir et nous réjouir de toi!

Cependant Mercédès pleurait toujours.

—Qu'a donc cette pauvre Morisque? dit le marquis à Adamas.

—Monsieur, répondit-il, je n'entends pas ce qu'elle dit à maître Jovelin; mais je vois bien qu'elle craint de ne pouvoir rester auprès de son enfant.

—Et qui l'en empêcherait, par hasard? Sera-ce moi qui lui dois tant de joie et de remerciment? Venez çà, bonne fille more, et demandez-moi ce que vous voulez. S'il ne vous faut qu'une maison, des terres, des troupeaux et des serviteurs, voire un bon mari à votre gré, vous aurez toutes ces choses, ou j'y perdrai mon nom!