En ceci, le marquis, conseillé par Lucilio, agissait sagement. Dans le cas où il eût accueilli l'accusation, La Flèche eût été fort capable d'en donner avis à l'Espagnol, afin de tirer du même sac deux moutures.

La Flèche, fort mécontent de son fiasco, se retirait l'oreille basse, lorsqu'en suivant le mur extérieur du jardin de Galathée, il s'entendit appeler par une voix douce.

C'était Mario, que le marquis n'avait pas voulu admettre à cet entretien, désirant que tout rapport entre son héritier et la bohème fût brisé sans retour. Mais, comme il ne s'était pas expliqué à cet égard, l'enfant ne crut pas lui désobéir en se glissant dans le labyrinthe et en guettant, par une petite meurtrière donnant sur le village, la sortie du bohémien.

—Qui m'appelle? dit celui-ci en cherchant des yeux autour de lui.

—C'est moi, dit Mario. Je veux que tu me donnes des nouvelles de Pilar.

—Et qu'est-ce que tu donneras pour ça?

—Je ne peux rien te donner. Je n'ai rien!

—Imbécile! vole quelque chose!

—Non, jamais. Veux-tu me répondre?

—Tout à l'heure; réponds-moi d'abord. Que fais-tu dans ce château?