Un troisième champion se précipita vers eux, au hasard de se faire embrocher: c'était Adamas, qui perdait la tête et qui, ne sachant où était l'avantage, se jetait sans armes, à corps perdu, dans la bataille. Guillaume le repoussa vivement et vit le marquis à genoux, sur le ventre de d'Alvimar.
—Grâce, mon cousin! s'écria-t-il; grâce pour celui qui vous eût épargné!
—Il est trop tard, mon cousin, répondit le marquis en se relevant. Justice est faite.
D'Alvimar était cloué en terre par la grande rapière du marquis: il avait cessé de vivre.
Adamas était évanoui.
Au cri de grâce, les valets de Bois-Doré étaient accourus.
Le marquis, essoufflé et brisé de fatigue, s'appuya contre le rocher. Mais il ne faiblit pas, et, la lune s'étant dégagée du nuage, il se remit sur ses jambes pour regarder et toucher le cadavre.
—Il est bien mort! lui dit Guillaume d'un ton de reproche. Vous m'avez tué un ami, monsieur, et je ne saurais vous en faire mon compliment; car vos soupçons ne pouvaient être qu'injustes.
—Je vous prouverai qu'ils ne l'étaient point, Guillaume, répondit Bois-Doré avec une dignité qui l'ébranla de nouveau; jusque-là, suspendez votre ressentiment contre moi, et vos regrets pour ce méchant homme. Quand vous saurez la vérité, vous vous reprocherez peut-être de m'avoir forcé à exposer ma vie pour avoir la sienne.
—Et que ferons-nous maintenant de ce malheureux corps? dit Guillaume, abattu et consterné.