La chambre de manœuvre était une salle ou une galerie placée à l'intérieur de la tour portière, au-dessus de la voûte, et dont les ouvertures permettaient aux gardiens de voir, sous leurs pieds, quiconque voulait entrer ou sortir. Ces ouvertures leur permettaient également de tirer ou de jeter des projectiles sur les assiégeants, lorsqu'ils avaient pu franchir le fossé et briser la sarrasine, et qu'un nouveau combat s'engageait sous la voûte.
Cette chambre de manœuvre communiquait avec le moucharabi, galerie basse, crénelée et mascherolée, qui couronnait l'arcade de la herse sur la face extérieure de la tour.
C'est de là qu'on faisait pleuvoir les balles et les pierres sur l'ennemi, pour l'empêcher de détruire la sarrasine.
La tour portière de Briantes, qui contenait ces moyens de défense, était un gros massif ovale, posé dans le sens de sa largeur, sur le bord du fossé. On l'appelait la tour de l'huis, pour la distinguer de l'huisset, dont nous parlerons tout à l'heure. L'huis donnait entrée à ce vaste enclos qui contenait la ferme, le colombier, la héronnière, le mail, etc., et qui s'appelait invariablement la basse-cour, parce qu'elle était toujours située plus bas que le préau.
À notre gauche, s'étend le mur élevé du jardin, percé, de distance en distance, d'étroites meurtrières, où l'on pouvait encore, en cas de surprise, se réfugier et harceler l'ennemi, maître de la basse-cour.
Un chemin pavé conduisait tout droit, le long de ce mur, à la seconde enceinte, celle où le second fossé, alimenté par la petite rivière, allait rejoindre l'étang situé au fond du préau.
Sur ce fossé, bordé de sa contrescarpe gazonnée, était jeté le pont dormant, c'est-à-dire un pont de pierre fort ancien, comme l'indiquait son inclinaison en coude par rapport à la tour d'entrée.
C'était une coutume, au moyen âge, que certains antiquaires expliquent en disant que les archers assiégeants, en levant le bras pour tirer, découvraient leur flanc aux archers assiégés. D'autres nous disent que ce coude rompait forcément l'élan d'un assaut. Peu importe.
La tour de l'huisset fermait ce pont dormant et le préau. Elle avait une petite herse de fer et de bonnes portes de plein chêne garnies d'énormes têtes de clous.
C'était, avec le fossé, la seule défense du manoir proprement dit.