Cependant on avait vainement appelé et cherché M. Poulain pour assister les mourants de sa paroisse; on ne le trouva point.

Son logis avait été pillé par les bohémiens, de préférence à tout autre. Sa servante avait été fort maltraitée et gardait le lit, demandant au ciel le retour de M. le recteur, dont elle ne pouvait donner aucune nouvelle. Depuis deux jours et deux nuits, il avait disparu.

Enfin, dans la soirée, comme M. Robin allait se retirer avec Guillaume d'Ars et son monde, laissant tous deux leurs blessés aux bons soins du marquis, on vit arriver Jean Faraudet, le métayer de Brilbault, qui demandait à faire à son maître une communication importante.

Voici ce qu'il raconta, et, en même temps, nous dirons ce qui s'était passé la veille à Brilbault, où nous n'avons point eu le loisir de suivre les nombreux personnages réunis là de concert, pour cerner et envahir le vieux manoir.

Les dispositions avaient été si bien prises, que personne n'avait manqué au rendez-vous, si ce n'est M. de Bois-Doré, dont l'absence ne fut point remarquée d'abord, tous les conjurés pour cette expédition étant disséminés par petits groupes, lesquels ne communiquèrent entre eux que dans l'obscurité, aux abords de la mystérieuse masure.

Ladite masure, explorée de fond en comble, fut trouvée silencieuse et déserte. Mais on y vit des traces d'occupation récente dans la partie du rez-de-chaussée où le marquis n'avait osé pénétrer seul: les cheminées, avec un reste de braise; des haillons par terre et des débris de repas.

On avait découvert aussi un passage souterrain qui aboutissait à une assez longue distance en dehors de l'enceinte. Ces passages existaient dans tous les manoirs féodaux. Ils étaient déjà presque tous comblés à l'époque de notre récit; mais les bohémiens avaient su déblayer celui-ci et en masquer la sortie assez adroitement.

On n'avait pas poussé plus loin les recherches, non-seulement parce qu'on les jugea inutiles, l'ennemi étant déjà déguerpi, mais encore parce que l'on commença à s'inquiéter de M. de Bois-Doré et à le chercher aux alentours. On s'alarmait sérieusement, lorsque la petite bohémienne arriva et rendit compte des faits.

Il y eut encore du temps de perdu en incertitudes graves. M. Robin pensait que le marquis était tombé dans quelque embûche, et il s'obstina à le chercher, tandis que M. d'Ars, trouvant les assertions de l'enfant assez vraisemblables, se décidait à partir pour Briantes avec son monde. Une heure plus tard, M. Robin, prenait le parti d'en faire autant.

Quand ils furent tous éloignés, le métayer du Brilbault, qui avait reçu l'ordre de continuer à explorer le château, cédant à la fatigue, disait-il, et probablement encore plus à un reste de frayeur, avait remis l'ouvrage au lendemain.