Lucilio s'approcha et lui mit sous les yeux ces paroles, écrites en italien:
«Ayez du cœur à l'exemple de ce brave cœur.»
—Oui, s'écria Mario en jetant ses bras autour du cou de son ami, j'y fais mon possible, et je comprends bien ce qu'elle fait. Mais ne pensez-vous point que mon père songera à la délivrer?
—Si faire se peut, dit Adamas, n'en doutez point monsieur. Adamas ne vous quittera point, Dieu merci, et avisera à toute heure. Si monsieur se résigne, c'est qu'il y a bien de l'espérance à garder.
Le marquis emmenait effectivement, dans sa grand'carroche, Adamas et Mercédès. Clindor monta sur le siége avec Aristandre.
Il fut convenu que Lucilio, sur le compte duquel le marquis n'était pas très-rassuré, se rendrait secrètement à Bourges de son côté.
—Monsieur, dit Adamas au marquis, lorsqu'ils eurent dépassé La Châtre, je la tiens!
—Quoi, mon ami? que tiens-tu?
—Mon idée! Quand nous serons à Étalié, nous demanderons à prendre un instant de repos chez madame Pignoux. Elle a une filleule de l'âge de madame Lauriane, avec laquelle nous la ferons changer d'habits et que nous emmènerons à la place de madame.
—Mais cette filleule se trouvera-t-elle là à point nommé?