—Mais que ce gentilhomme vienne donc chercher sa fille? Elle lui sera rendue à l'instant, ainsi que l'administration de ses biens.

Lucilio était établi à Bourges, sous un faux nom, dans le faubourg de Saint-Ambroise.

Il ne voyait personne que Mario, qui venait sans équipage, sans parure et sans bruit, prendre ses leçons.

Mercédès, qui avait la liberté de sortir, venait lui servir ses repas, auxquels le philosophe, absorbé par son travail, n'eût probablement pas assez songé.

On sentit, en cette circonstance, que M. Poulain s'était fort amendé.

Il était encore à Bourges, occupé d'obtenir l'autorisation d'être abbé, lorsqu'un jour Lucilio se trouva face à face avec lui dans le petit jardin qui tenait à son humble appartement.

Le futur abbé et lui découvrirent, en s'accostant, qu'ils demeuraient sous le même toit.

Lucilio s'attendait à être dénoncé et tracassé. Il n'en fut rien.

M. Poulain se plut dans sa société, et témoigna beaucoup d'intérêt à Mario lorsqu'il le vit arriver pour prendre ses leçons.

M. Poulain était trop intelligent pour n'avoir pas fait un retour sur lui-même, et il sentait combien peu il devait compter sur le prince de Condé; car l'archevêque de Bourges refusait de le faire abbé avant que M. le Prince l'y eût autorisé; M. le Prince ne paraissait pas fort pressé de consentir.