—Appelle-le au combat, et tâche de le tuer, dit Naam.

—Impossible! il n'acceptera le combat qu'après avoir parlé contre moi.

—Va te réconcilier avec lui, offre-lui tous tes trésors. Adjure-le au nom du Dieu très-grand!

—Jamais! D'ailleurs il me repousserait.

—Rejette toute la faute sur les autres!

—Sur qui? Sur Hussein, sur l'Albanais, sur mes officiers? On me demandera où ils sont, et on ne me croira pas si je dis que l'incendie…

—Eh bien! mets-toi à genoux devant ton peuple, et dis: J'ai commis une grande faute et je mérite un grand châtiment. Mais j'ai fait aussi de nobles actions et rendu de hauts services à mon pays; qu'on me juge. Le bourreau n'osera pas porter ses mains sur toi; on t'enverra en exil, et l'an prochain on aura besoin de toi, on te donnera un grand exploit à faire. Tu seras victorieux, et ta patrie reconnaissante te pardonnera et t'élèvera en gloire.

—Naam, vous êtes folle, dit Orio avec angoisse, Vous ne comprenez rien aux choses et aux hommes de ce pays. Vous ne sauriez donner un bon conseil!

—Mais je puis exécuter tes desseins. Dis-les-moi.

—Et si j'en avais un seul, resterais-je ici un instant de plus?