— Oui, ils servent dans sa maison.

— Ils sont les domestiques du roi?

— Ils sont officiers; mais tu ne comprends rien à tout cela et cela ne peut t'intéresser. Parle de ton mouton. Est-ce qu'il t'obéit quand tu l'appelles?

— Pas trop, quand il est affamé comme aujourd'hui.

— Alors, quand je voudrai te le ramener, il ne m'obéira pas?

— Ça se peut bien. J'aime mieux attendre, puisque vous le souffrez un peu chez vous.

— Chez moi? Je n'ai pas de chez moi, ma petite, et je n'en aurai jamais. On m'a élevé dans cette idée-là que rien ne devait m'appartenir, et toi qui as un mouton, tu es plus riche que moi.

— Et ça vous fait de la peine de ne rien avoir?

— Non, pas du tout; je suis content de n'avoir pas à me donner de mal pour des biens périssables.

Périssables? Ah! oui, mon mouton peut périr!