— Et vivant, il te donne du souci?

— Sans doute, mais je l'aime et ne regrette pas mon soin. Vous n'aimez donc rien, vous?

— J'aime tout le monde.

— Mais pas les moutons?

— Je ne les aime ni ne les hais.

— C'est pourtant des bêtes bien douces. Est-ce que vous aimez les chiens?

— J'en ai eu un que j'aimais. On n'a pas voulu qu'il me suive au couvent.

— Alors vous avez du chagrin d'être comme ça tout seul de chez vous, en pénitence chez les autres?

Il me regarda d'un air étonné, comme s'il n'avait pas encore pensé à ce que je lui disais, et puis, il répondit:

— Je ne dois me faire de peine à propos de rien. On m'a toujours dit: «Ne vous mêlez de rien, ne vous attachez à rien, apprenez à ne vous affecter de rien. C'est votre devoir et vous n'aurez de bonheur qu'en faisant votre devoir.»