— Commençons.
Il me donna ma première leçon, assis sur la fougère auprès de moi, sous ce grand ciel qui m'éblouissait un peu, car j'étais plus habituée au petit ruban qu'on en voyait du ravin de Valcreux. Je fis tant d'attention, que j'en eus mal à la tête, mais je n'en dis rien par amour-propre; j'étais fière de sentir que je pouvais apprendre, car le petit frère s'étonnait de me voir aller si bien. Il disait que j'apprenais dans une heure plus que lui dans une semaine.
— C'est peut-être, lui dis-je, que vous avez été mal enseigné?
— C'est peut-être, répondit-il, qu'on tâchait de m'empêcher d'apprendre.
Il fit un tour de chasse, tua un lièvre et me l'apporta.
— Ce sera, dit-il, pour le souper de ton oncle, et tu ne peux pas refuser.
— Mais c'est le gibier des moines?
— En ce cas, c'est le mien et j'ai le droit d'en disposer.
— Je vous remercie; mais je voudrais quelque chose pour moi qui ne suis pas gourmande.
— Quoi donc?