—Après, dit Pasquali, c'est le meilleur enfant de la terre. Pourtant, je ne vous l'aurais jamais présenté chez vous. Il venait me chercher dans son canot d'officier; vous partiez pour le même but dans une grosse barque, un vrai fiacre. Vous auriez mis deux heures, Paul se serait enrhumé. Je vous ai conseillé d'accepter l'offre du lieutenant. Votre santé et celle du petit avant tout!...
—Oui, oui, reprit-elle, nous avons tous bien fait. La promenade a été charmante, votre ami très-obligeant. J'aurais été prude de refuser son embarcation avec votre compagnie; mais pourquoi me dites-vous que vous ne me l'eussiez jamais présenté chez moi?
—Parce que c'est un jeune homme, et que vous ne voulez pas recevoir de jeunes gens, en quoi vous avez raison.
—Je reçois pourtant le docteur, qui n'est pas précisément un vieillard.
—Oh! moi, répondis-je avec un rire forcé, je ne compte pas: un médecin n'est jamais jeune.
—Alors, reprit la marquise en souriant et en s'adressant au voisin, vous n'avez pas d'autre motif pour ne pas m'amener votre filleul que sa qualité de jeune homme?
—Ma foi! vous m'embarrassez, répondit Pasquali. Questionnez donc un peu le docteur; c'est à son tour de parler.
—Oui, voyons, docteur! reprit la marquise.
Pasquali, qui était fin sous son air d'insouciance habituelle, me regardait dans les yeux. Je fis l'éloge de la Florade sans restriction et avec un peu de ce feu héroïque dont j'avais fait provision sous les pampres de la noria.
La marquise m'examinait aussi avec une attention extraordinaire.