Elle ne lui répondit qu'en lui montrant du doigt le mot pédant qui se retrouve en plusieurs endroits de Wilhelm-Meister, à propos d'un des personnages de la troupe vagabonde.

—Vous savez bien que je ne suis pas dévote, lui dit-elle après la messe, en parcourant avec lui la nef bordée de petites chapelles; j'ai la religion de mon temps.

—C'est-à-dire que vous n'en avez pas?

—Je crois qu'au contraire aucune époque n'a été plus religieuse, en ce sens que les esprits élevés luttent contre le passé, et aspirent vers l'avenir. Mais le présent ne peut s'abriter sous aucun temple. Pourquoi m'avez-vous fait entrer dans celui-ci?

—N'allez-vous pas à la messe le dimanche?

—C'est une affaire de convenance, et pour ne pas jouer le rôle d'esprit fort. Le dimanche est d'obligation religieuse, par conséquent d'usage mondain.

—Hélas! vous êtes hypocrite.

—De religion? Non pas. Je ne cache à personne que j'obéis à une coutume.

—Vous vous êtes fait un dieu de ce monde profane, et vous le trouvez plus facile à servir.

—Léonce, seriez-vous dévot? dit-elle en le regardant.