—Je crois que M. le curé se trompe, répondit la jeune fille, et que Dieu voit plus clair que lui dans mon coeur.
Là-dessus elle fit une nouvelle révérence et s'éloigna rapidement, car le curé, qui avait fini de se dépouiller de ses habits sacerdotaux, paraissait au fond de la nef.
Interrogé par nos deux voyageurs, le curé jeta un regard sur la pécheresse qui fuyait, haussa les épaules, et dit d'un ton courroucé:
—Ne faites pas attention à cette vagabonde, c'est une âme perdue.
—Cela est fort étrange, dit Sabina; sa figure n'annonce rien de semblable.
—Maintenant, dit le curé, je suis aux ordres de Vos Seigneuries.
On remonta en voiture, et après quelques mots de conversation générale, le curé demanda la permission de lire son bréviaire, et bientôt il fut si absorbé par cette dévotion, que Léonce et Sabina se retrouvèrent comme en tête-à-tête. Par égard pour le bonhomme, qui ne paraissait pas entendre l'anglais, ils causèrent dans cette langue afin de ne lui point donner de distractions.
—Ce prêtre intolérant, esclave de ses patenôtres, ne nous promet pas grand plaisir, dit Sabina. Je crois que vous l'avez recruté pour me punir d'avoir pris un peu d'humeur de la rencontre de la marquise.
—J'ai peut-être eu un motif plus sérieux, répondit Léonce. Vous ne le devinez pas?
—Nullement.