FAUSSE ROUTE.
—Voilà une très-jolie histoire, et que je me rappellerai pour la raconter à la veillée, dit l'oiselière que Sabina tenait toujours par le bras.
—Prince Percinet, s'écria lady G... passant son autre bras sous celui de Léonce, et en courant avec lui vers la voiture qui les attendait, vous êtes mon bon génie, et je m'abandonne à votre admirable sagesse.
—J'espère, dit le curé en s'asseyant dans le fond du wurst avec Sabina, tandis que Léonce et Madeleine se plaçaient vis-a-vis, que nous allons reprendre le chemin de Saint-Apollinaire? Je suis sûr que mes paroissiens ont déjà besoin de moi pour quelque sacrement.
—Que votre volonté soit faite, cher pasteur, répondit Léonce en donnant des ordres à son jockey.
—Eh quoi! dit Sabina au bout de quelques instants, nous retournons sur nos pas, et nous allons revoir les mêmes lieux?
—Soyez tranquille, répondit Léonce en lui montrant le curé que trois tours de roue avaient suffi pour endormir profondément, nous allons où bon nous semble.—Tourne à droite, dit-il au jeune automédon, et va où je t'ai dit d'abord.
L'enfant obéit, et le curé ronfla.
—Eh bien, voici quelque chose de charmant, dit Sabina en éclatant de rire; l'enlèvement d'un vieux curé grondeur, c'est neuf; et je m'aperçois enfin du plaisir que sa présence pouvait nous procurer. Comme il va être surpris et grognon en se réveillant à deux lieues d'ici!
—M. le curé n'est pas au bout de ses impressions de voyage, ni vous non plus, Madame, répondit Léonce.