Le reste ne vaut pas la peine d'être étudié!

Donc, à l'œuvre et bon courage. Envoyez-moi plus souvent de la besogne. Lorsque vous aurez cinq ou six canons, montrez-les-moi. Il ne faut pas travailler dans le doute et dans les ténèbres.

Je suis harassé de fatigue, j'avance, mais il est temps, je n'en puis plus. J'ai été obligé de renoncer à l'orchestre de ma symphonie. Dès ma Fille de Perth terminée, je m'y mettrai, mais trop tard sans doute pour cet hiver. G. est bien la nature sympathique que je pressentais. Je ne l'ai pas vu depuis quelques jours. Pauvre garçon! trouvera-t-il? Je rage, en vérité, de n'être pas plus à même de lui être utile. Enfin, espérons. Ne vous ennuyez pas, mon cher Edmond, et surtout, ne vous exaltez pas. Puisque votre bonne étoile vous met à même de trouver en vous les éléments de vie intellectuelle, profitez-en! Ne comptez sur rien! Plus je vais, plus je méprise notre pauvre espèce humaine. Excepté vous, Guiraud, G., et quelques rares amis malheureusement mariés!!!! je ne vois personne. Et nous sommes tout jeunes!... Ah! si. J'oubliais un homme excellent, vraiment bon, vraiment dévoué, vraiment sincèrement affectueux. Nous en parlerons, et aussi d'un homme que j'ai aimé de tout mon cœur et que je déteste aujourd'hui!

Je vais me coucher, mon cher ami, je n'ai pas dormi depuis trois nuits, et je tourne trop au noir! J'ai de la musique gaie à faire demain!

Si je puis l'année prochaine aller vous voir, vous et vos poétiques amis ruminants, j'accomplirai un de mes désirs les plus chers, croyez-le. Si j'aime les bœufs... mais je suis à moitié Romain..., oui..., et les buffles aussi... Ces gaillards-là ont un regard à eux!... Plus de tendresse que de force, s'il est possible!... Au revoir, travaillez, à bientôt, et toujours votre ami de toute amitié tendre et dévouée.

Décembre 1866.

Bien. Vous possédez maintenant le mécanisme des imitations. Faites en sorte que votre style soit plus mélodique, vos modulations plus accentuées, plus nettes. Faites de la musique, en un mot. C'est difficile, mais c'est possible, et cela va devenir obligatoire dans la fugue.

Votre prochain envoi devra se composer de préparations de fugues. Je m'explique: Sujet.—Réponse.—Puis le ou les contre-sujets sur le sujet et aussi sur la réponse, et enfin les strettes du sujet, de la réponse et de chacun des contre-sujets.

Vous me pardonnez, n'est-ce pas? le retard que j'ai apporté à la correction de cet envoi. Si vous saviez mon existence depuis un mois! Je travaille quinze et seize heures par jour, plus quelquefois, car j'ai des leçons, des épreuves à corriger; il faut vivre. Maintenant, je suis tranquille. J'ai quatre ou cinq nuits à passer, mais j'aurai fini. Le... est très tourmenté par les auteurs de...[59], qui lui prêtent de l'argent[60]. Je veux être payé ou joué; pour cela, il faut rester dans les termes rigoureux du traité. Je suis très content de moi. C'est bon, j'en suis sûr, car c'est en avant.