«J'ai peur de n'avoir pas une très bonne chose à mon concours.—Si Bizet concourt, j'aurai une chose possible; s'il y a mieux, je lâcherai Bizet avec ardeur.»
D'un autre côté, j'ai fait les deux premiers actes, et je suis extrêmement content.—C'est de beaucoup supérieur à tout ce que j'ai fait jusqu'à ce jour.—Le deuxième acte surtout est, je crois, très bien venu; toute la scène d'Yorick et Claribel avec la vision me paraît être, non relativement, mais absolument une bonne chose. (Avec vous, je me déboutonne.)—Guiraud a réussi aussi cet acte au point de vue musical, mais, à mon sens, c'est trop loin de la couleur. En somme, je suis dans une grande perplexité: Perrin travaillera soigneusement les partitions avec Gevaert[109].—Gevaert est un honnête garçon, et c'est un immense musicien, éclectique, et plus en état que Gounod, Berlioz, de juger de la musique.—Perrin me dit: «Ne vous inquiétez pas du jury; qu'il soit en jambon de Mayence ou en pâtes d'Italie, j'en ferai ce que je voudrai.»
Ne pas avoir le prix, c'est un chagrin et une mauvaise note pour l'Opéra.
Le laisser enlever par un monsieur qui ferait moins bon que moi serait rasant.
Que faire?
Voilà pourquoi je n'ai lu ni les livres que vous m'avez indiqués ni la préface de Michelet[110].
J'ai énormément travaillé. Je ne suis décidément pas content de mon final de symphonie. Ce n'est pas à la hauteur du reste.
Vous ferez bien de renvoyer votre poème[111].—Dites mille choses à G. et pour vous, mon cher ami, mes meilleures amitiés.
1º L'autre jour, on jugeait deux fusiliers au conseil de Guerre.—Le premier a blessé grièvement un paisible bourgeois qui restera paralysé le reste de ses jours:
Six jours de prison.