Mon cher ami,
J'ai vu G... Je suis donc rassuré.
Vite, une scène.
Je vais vous gronder:
Vous êtes un penseur, vous êtes essentiellement intelligent, vous avez des connaissances physiologiques rares chez un homme de votre âge; il vous est permis de rater un morceau, c'est, hélas! permis à tout le monde, mais vous ne devez pas lâcher une scène aussi importante que l'entrée de Myrrha.—Si vous aviez eu à peindre avec la plume, vous auriez fait tout le contraire de ce que vous m'envoyez.
Cette Myrrha est une courtisane antique, sensuelle comme Sapho, ambitieuse comme Aspasie; elle est belle, spirituelle, charmante.—La séduction inouïe qu'elle exerce sur Yorick en est la preuve.—Dans ses yeux, il doit y avoir cette expression glauque, indice certain de sensualité et d'égoïsme poussé jusqu'à la cruauté.
Maintenant, pour votre ritournelle d'entrée.... Eh bien!...
Toute cette conversation doit être basée sur une symphonie quelconque exprimant la fascination de Myrrha sur Yorick.—Cette symphonie doit commencer à: Je tremble au seul bruit de ses pas.—Le serpent arrive, et l'oiseau ne bat plus que d'une aile.
Rappelez la romance dans cette symphonie, soit, je le veux bien;—quoique à mon sens l'entrée de Myrrha doive exprimer l'amour autrement.—Yorick seul est libre; il chante son amour avec passion, avec délire; il le dit au nuage, à l'étoile.—Myrrha présente, il est éteint.—Je n'insiste pas, car vous m'avez compris.
Autre reproche moins grave.