L'entrée est trop courte. Elle n'a pas le temps d'entrer, elle, Angus, et les dames et seigneurs qui les accompagnent. Elle est appuyée sur le bras d'Angus; elle entre lentement, rêveuse, distraite; elle promène son regard sur tout ce qui l'entoure et l'arrête presque dédaigneusement sur Yorick.

J'aime la deuxième partie de votre travail; le chœur est bon. Une critique cependant: j'aurais voulu tout ce que dit Harold en récit, mesuré, peut-être, mais sans dessin d'orchestre. Il faut entendre les paroles, absolument.

Que tout ceci ne vous décourage pas, mais vous persuade que, à votre insu, vous ne mettez pas tout ce que vous savez et ce que vous êtes dans votre musique; vous pensiez à Ténot[112] en faisant votre entrée de Myrrha, je le parie...

Moi aussi, j'y pense, et je n'admets pas qu'un seul homme de cœur ne consacre pas à ces recueils de faits si secs, mais si instructifs, de longues méditations.—Mais avec Myrrha, il faut oublier, absolument.—Allons, vite, une autre entrée, qui sera bonne cette fois, j'en suis sûr.

Ma situation est toujours la même. L'insistance de qui vous savez est devenue plus pressante que jamais.—Il en parle à mes amis et les lâche sur moi.—Il faut que je m'exécute... Au petit bonheur... (Il y a un an, j'aurais dit: À la grâce de Dieu!) J'ai passé une soirée avec l'abbé X... Tous farceurs!... Je ne sais si vous lisez le Diable à quatre. J'y trouve un extrait de Taxile Delord (écrit en 1851), adressé à M. Veuillot et ses amis:

«Vous lirez cet article, charmants confrères, et vous croirez nous avoir mis en colère. Vous nous démangez, voilà tout. Capucins, prêtraillons, pions de séminaire, punaises de chapelle, pucerons de sacristie, se fourrent aujourd'hui partout. Il faut secouer de temps en temps la gale cléricale. C'est pourquoi nous avons versé quelques gouttes d'ammoniaque sur votre acarus en chef.»

C'est assez bon, n'est-ce pas?

Pasdeloup va jouer ma symphonie.

Allons, au travail, et bon courage. À bientôt, cher, et toujours, toujours votre ami dévoué.

Décembre 1868.