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Je vois que votre mariage, comme le mien, ne fait pas tort au travail.
Je finis mes deux opéras. Je lis beaucoup. Je n'ai pas un plan d'études aussi réglé que le vôtre, mais je commence à connaître une assez grande quantité de choses. Le malheur est que le désir de savoir vient en apprenant, mais pourquoi le malheur? Je vivrai, mourrai sans que ma curiosité soit satisfaite; mais plus je vais, et plus les systèmes philosophiques me semblent de purs enfantillages.
Mille amitiés de votre toujours mille fois dévoué.
Septembre 1871.
Mon cher ami,
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...Je vais rentrer à Paris demain ou après. Écrivez-moi donc rue de Douai, 22. Rien de très nouveau, si ce n'est que je vais prendre probablement le 1er novembre, la position de chef du chant à l'Opéra. C'est une situation que n'ont dédaignée ni Hérold ni Halévy. Je ne serai pas fort occupé, et les appointements sont relativement bons: cinq ou six mille, et, de plus, des arrangements de partitions, etc.—Les directeurs de l'Opéra-Comique, ne voulant pas risquer de grandes pièces cette année, m'ont demandé d'écrire la partition d'une Namouna assez intéressante. La chose était pressée, et l'on m'a mis l'épée dans les reins; mais aujourd'hui, ces messieurs donnent tous leurs soins au Fantasio de Jacques Offenbach, et mes exigences légitimes de distribution retardent la chose. Je publie en ce moment chez Durand (ancienne maison Flaxland) un recueil de dix morceaux à quatre mains intitulé: Jeux d'enfants. J'en suis assez content.—Du reste, je me fais chaque jour plus fort contre les petites émotions de la vie. Ce n'est pas à proprement parler de la philosophie, mais c'est un immense dédain, un souverain mépris qui en tiennent lieu* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
Trouvez deux minutes à donner à votre ami dévoué.
Janvier 1872.