CHEMIN DE RONDE DE LA BARRIÈRE DE L'ÉTOILE EN 1854.
(Aujourd'hui avenue de Wagram.)
Eau-forte de Martial.

Ce coupe-gorge est aujourd'hui le quartier Monceau, l'avenue Hoche, l'avenue de Messine, les boulevards de Courcelles, Malesherbes, Haussmann; ce que l'on appelait autrefois la «Pologne», où le général Lagrange me disait avoir chassé la perdrix dans sa jeunesse.

Et la conclusion de ce bavardage,—car il faut bien conclure,—c'est que je regrette l'ancien Paris, mais que j'aime bien le nouveau.

Victorien SARDOU.


[AVANT-PROPOS]

Paris! Que de visions évoque ce mot magique: le Paris historique, avec ses palais, ses églises, ses monuments, ses rues et ses places publiques; le Paris littéraire et son admirable défilé d'écrivains, de poètes, de penseurs, de dramaturges, de philosophes et d'humoristes: le Paris mondain, ses fêtes, ses réceptions, ses modes, ses élégances et son snobisme; le Paris des politiciens, le Paris des journalistes, le Paris religieux, le Paris policier, le Paris bohème, le Paris industriel. Combien d'autres encore!

Tant de passions, tant d'événements, tant d'intérêts s'y heurtent, s'y enchevêtrent, s'y renouvellent, qu'une étude sur cette ville admirable et si complexe n'est pas plutôt achevée qu'il convient presque de l'écrire à nouveau: la vérité de la veille n'étant plus celle du lendemain, le document exact hier se trouvant infirmé ce matin.