JARDIN DES PLANTES.—LE CÈDRE DU LIBAN ET LE LABYRINTHE.
Aquarelle de Hilaire. Bibliothèque Nationale.
Les reptiles sont mieux logés que dans notre enfance, mais l'hippopotame se roule dans le même bassin, la girafe allonge son cou par-dessus les mêmes clôtures, et l'éléphant tend toujours à travers les mêmes grillages sa trompe engloutisseuse de petits pains.
La fosse aux ours n'a pas changé, et la foule des badauds continue à engager l'éternel «Martin» à refaire l'ascension du même tronc d'arbre. Le labyrinthe, le délicieux labyrinthe, offre toujours aux enfants criards ses capricieux méandres, et le cèdre du Liban (Cedrus Lybani (Linnæus)—que M. de Jussieu, assure la tradition, rapporta dans son chapeau—continue à abriter sous ses branches somptueuses les rêveurs, les flâneurs, les travailleurs et la grisette, la dernière grisette, qui vient, à l'abri de son ombre vénérable, lire l'émouvant roman-feuilleton qui remplit de douces émotions son cœur assoiffé d'idéal!
JARDIN DES PLANTES.
Le cèdre du Liban.
Est-il enfin rien de plus coquet que les petites pièces des anciens bâtiments de Louis XVI, qui constituèrent jadis le Cabinet d'histoire naturelle de Buffon, dont les fines boiseries grises servirent de cadres aux admirables collections des papillons de tous les pays.
Dans ces salles si délicatement décorées et d'une intimité si douce, c'était comme une idéale floraison, une féerie de couleurs exquises, la magie d'une éclatante palette.
Ils étaient tous là, les beaux papillons aux éclats métalliques des Indes et du Brésil, comme aussi les papillons aux mille couleurs de France, depuis le grand sphynx à tête de mort jusqu'au minuscule papillon bleu des prairies.