Dans Sous-Offs, M. Descaves affiche l'outrecuidante prétention de nous donner la psychologie du sous-officier.

A cet effet, il imagine un régiment, tout de fantaisie—et quelle fantaisie!—un régiment, où les officiers paraissent à peine, où les sous-officiers, déchargés de tout contrôle supérieur, s'abandonnent à des instincts mauvais, qu'aucune autorité, ni morale ni hiérarchique, ne vient refréner.

Il en fait des rustres, des manants, sans éducation, sans instruction, sortis des couches les plus abjectes de la société, apportant au régiment des mœurs de repris de justice, des habitudes de souteneur.

Sans autre souci que celui du bien-être à satisfaire à tout prix, remplaçant le sentiment du devoir à remplir par un appétit effréné de jouissance, ils mettent dans la poche des plus misérables créatures, des doigts crochus qu'ils n'hésitent pas à plonger au besoin dans la caisse du régiment.

Sans cesse occupés à parfumer d'odeurs canailles, dérobées dans des maisons louches, leur peau qu'efféminent chaque jour des contacts dégradants—une peau qu'ils marchandent sans vergogne au Pays en danger—ils endorment un temps volé à l'exercice de leurs fonctions dans la paresse et l'ivrognerie.

Précisons. Étudions le roman de M. Descaves. Portons le scalpel de l'analyse dans cette production monstrueuse.

Ou plutôt; non! Qu'on ne nous accuse point ici de partialité! Refrénons l'indignation qui fait bondir le cœur de tout bon Français à la lecture de ces pages maudites. Laissons la parole aux organes autorisés de l'opinion publique. Quelque doctrine politique qu'ils défendent, à quelque parti qu'ils soient inféodés, ils se sont rencontrés, cette fois, dans un sentiment d'unanime réprobation.


Monsieur Francisque Sarcey écrivait dans le Parti National du 15 novembre 1889: