--Et ma tante va-t-elle mieux?

--Ta tante... oui... c'est-à-dire... beaucoup mieux.

Nous nous mettons à table.


--Jean, me dit mon grand-père après dîner, je ne devais te ramener chez ton père qu'après-demain; mais j'ai justement à faire à Versailles demain matin. Je profiterai de l'occasion pour t'emmener avec moi. Ça t'ennuie?

--Mais oui, un peu.

--Bah! tu rattraperas ça une autre fois. Je dirai à ton père de te laisser revenir et tu passeras plusieurs jours ici... et tu négligeras tes leçons... Ça fera enrager Louise...

Je ris. Décidément, je m'étais trompé tout à l'heure. L'homme qui était là, assis à ma place, était bien un paysan. Mon grand-père serait moins gai si l'on devait se battre à Moussy ce soir, se tirer des coups de fusil cette nuit. Pourtant, avant de me coucher, j'examine la campagne par la fenêtre et, une fois au lit, je tends l'oreille attentivement. Je ne puis arriver à m'endormir.


Tout d'un coup, je sens une main se poser sur mon épaule. Je me réveille en sursaut, en criant. Germaine, qui se tient devant moi, sourit.