Ah! que c'est beau. Les soldats ont repris leur rang. Des acclamations enthousiastes les suivent jusqu'à la gare.


A travers les grilles, un troupier me passe son bidon et me prie d'aller le remplir chez le marchand de vin, en face. Il fouille dans sa poche.

--Attendez, je vais vous donner des sous.

Mais je ne veux pas de son argent; j'ai justement un franc dans ma poche. Je lui paierai son litre.


--Tenez, voilà votre bidon.

--Merci bien, jeune homme. C'est peut-être le dernier litre que je boirai que vous m'offrez là.

--Le dernier! s'écrie Léon, se dressant sur la pointe des pieds, rouge comme un coq, tellement il est joyeux de remonter le moral d'un guerrier, le dernier!... Ah! nous vous en offrirons bien d'autres, quand vous reviendrez vainqueur!

Des bourgeois qui nous entourent applaudissent, mais le soldat hoche la tête.