--Et Mac-Mahon, qu'en dites-vous.
--On l'a vu à l'oeuvre.
--C'est comme le général de Cousin-Montauban.
--C'est Bazaine qui m'intéresse tout particulièrement. C'est un compatriote, un enfant de Versailles...
--A qui le dites-vous? Sa maison est à deux pas de la mienne.
--Ah! dites donc, il y a dans le Figaro d'aujourd'hui un article sur le général Frossard, le gouverneur du Prince Impérial... un article d'Édouard Lockroy... c'est très intéressant.
«Le général Frossard est un homme âgé, froid, calme. On le dit un stratégiste de premier ordre. Depuis longtemps, il n'a rien commandé. Le général Frossard a expliqué à son auguste élève toutes les guerres de l'Empire. Il promenait des soldats de plomb sur une carte d'Europe et le jeune Prince les renversait avec de petites boulettes de mie de pain lancées par de petits canons en bois.
«Quand le général Frossard voulut raconter la campagne de Waterloo et faire rétrograder l'armée française, le Prince Impérial se fâcha:
«--Non!... Jamais!... s'écria-t-il avec un mouvement de colère. Et, malgré les instances de son précepteur, il disposa ses batteries et écrasa d'un coup l'armée anglaise, l'armée prussienne, Blücher et Wellington.»
--Ah! c'est beau! s'écrie M. Pion... c'est beau!... Et nous douterions de la victoire! Allons donc!