«La Prusse foule notre terre française. Songez-vous bien à cela? Oui, n'est-ce pas?--Et vous avez compris? Et au lieu de craindre quoi que ce soit, vous riez, vous haussez les épaules, et vous vous apprêtez aux voluptés du massacre?
«Oui, n'est-ce pas? vous allez venger les vieux de 1814, la France meurtrie et sanglante, laissée pour morte sous le talon des barbares?
«Ce sera le dernier sang versé! Soit! Mais, du moins, qu'il soit versé par cataractes, avec la divine furie du déluge!
«L'armée prussienne est chez nous! Nous la tenons! La voici enfin, non plus seulement en face de nos braves, mais en face de deux millions de citoyens, qui veulent mourir ou qui veulent tuer.
«La Prusse s'est laissée prendre à cette ruse de la Providence. C'est Dieu qui a été le seul vrai tacticien dans toute cette affaire.»
--Les Prussiens? dit Catherine qui vient annoncer que le dîner est servi et qui a entendu les dernières phrases; c'est le bon Dieu qui les punit.
Le 8 août le département de Seine-et-Oise est déclaré en état de siège.
VII
Le ministère Olivier n'existe plus. C'est le général Cousin-Montauban, comte de Palikao, le vainqueur de la Chine, qui est le chef du nouveau cabinet. C'est un grand bien, car, ainsi que le dit M. Beaudrain, dans la situation actuelle, la plume doit faire place à l'épée.
--Cedat toga armis, répète-t-il depuis deux jours.